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Moisissures et champignons sur les œuvres d’art : l’expertise de la SEMHV après sinistre

La dynamique biologique d’une contamination sous paroi

L’eau, infiltrée par ruissellement entre deux plaques de plexiglas, a créé un milieu confiné saturé. Ce microclimat a favorisé le franchissement du point de rosée, déclenchant une prolifération fongique massive sur la face et le revers de l’œuvre.

Nos analyses ont révélé une colonisation complexe associant plusieurs types d’organismes :
Deutéromycètes : Ces moisissures de surface altèrent l’aspect esthétique par des pigmentations variées.
Un Ascomycète (genre Chaetomium) : Ce champignon est redoutable pour sa capacité à dégrader la cellulose du papier.
Un Basidiomycète : Organisme supérieur qui dégrade la cellulose.

Les risques mécaniques liés à l’hygroscopie des matériaux

L’état de conservation de l’œuvre est aujourd’hui jugé critique. En effet, les fibres de la toile, par leur nature hygroscopique, ont absorbé l’humidité, provoquant un gonflement et une adhérence directe à la paroi de plexiglas.

Toute tentative de dépose prématurée présenterait un risque majeur de déchirure. Le rôle de l’expert est ici de stabiliser l’environnement pour permettre un séchage progressif, préservant ainsi la résistance mécanique résiduelle de la matière avant toute intervention de restauration.

Identifier précisément la nature de l’infestation fongique est l’étape capitale pour stopper la dégradation de la cellulose et garantir la pérennité du patrimoine graphique.

Méthodologie du prélèvement et diagnostic en laboratoire

La réalisation d’une expertise champignon œuvre d’art repose sur des prélèvements d’une extrême délicatesse. Le protocole appliqué par la SEMHV exclut toute méthode abrasive :

1. Observation in situ : Repérage des zones de fructification et des réseaux de mycélium.
2. Micro-prélèvements : Collecte de spores et de mycélium à l’aide d’outils de précision stériles.
3. Analyse mycologique : Identification formelle en laboratoire pour déterminer si les souches sont encore actives et quel est leur potentiel de dégradation.

Prévenir les pathologies fongiques dans les lieux d’exposition

Ce sinistre rappelle que la sécurité du patrimoine dépend directement de la santé du bâtiment. Pour limiter les risques, nous préconisons plusieurs mesures de vigilance :

– Assurer une surveillance thermique et hygrométrique rigoureuse des salles d’exposition.
– Éviter les encadrements totalement hermétiques qui empêchent la régulation naturelle des échanges gazeux.
– Réagir immédiatement après un dégât des eaux, même mineur, car le développement de Basidiomycètes peut débuter en quelques jours dans l’obscurité et le confinement.

L’analyse scientifique est l’unique garantie pour orienter les conservateurs vers un protocole de traitement adapté et pérenne.

Expertise mycologique de précision

Le diagnostic en laboratoire est l’unique méthode permettant d’identifier avec certitude la souche fongique responsable d’une dégradation et de définir un protocole de traitement non destructif pour vos collections.

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